Bien-ÊtrePsychologie

La fonction des émotions

Par 23/01/2021janvier 27th, 2021No Comments

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Avec l’année à travers laquelle on vient de passer, les émotions négatives, on connaît ça. N’est-ce pas ? As-tu passé à travers de la colère, de l’irritation, de la tristesse, de la déprime, de la déception, du stress, de l’anxiété, de la rancœur, du découragement ? Des fois, plusieurs de ces émotions en même temps? Tu n’es pas la seule! Une étude a montré que 64% des étudiants ont vécu des moments particulièrement difficiles durant la dernière année.

Ce que j’ai envie d’explorer avec toi aujourd’hui c’est quand tu vis ce genre d’émotions négatives, comment y réagis-tu? Est-ce qu’il peut t’arriver de te dire que tu ne devrais pas te sentir comme ça? Est-ce que parfois tu es persuadée que tu devrais être plus positive? Est-ce que tu peux avoir tendance à réprimer tes émotions quand elles sont négatives ou à te changer les idées dès que tu ressens une émotion qui te semble désagréable? À dire vrai, ce sont des habitudes et des comportements que je vois hyper fréquemment dans ma pratique clinique. On dirait que la société nous a appris qu’il y avait des « bonnes » et des « mauvaises » émotions et qu’il fallait s’éloigner le plus possible des mauvaises. 

Le problème c’est que c’est faux.

Ça ne fonctionne pas comme ça. Il n’y a pas d’émotions qui soient bonnes ou mauvaises. Il y a seulement des émotions qui sont agréables et d’autres désagréables, mais elles sont toutes utiles. 

Les émotions ont une fonction bien précise. Elles servent à nous signaler qu’il se passe quelque chose pour nous – comme un système d’alarme qui nous avertit lorsqu’il se passe quelque chose de particulier en nous, qui nous informe que par exemple un de nos besoins n’est pas satisfait actuellement, ou qu’on est en désaccord avec la personne avec qui on est en train d’interagir, ou que la direction qu’on emprunte en ce moment ne nous convient pas tout à fait. Elles nous signalent qu’il y a un problème, afin de nous offrir la possibilité d’apprendre de la situation et de se développer. On a tendance à penser qu’en refoulant nos émotions négatives on sera plus en contrôle et plus fort, mais, au contraire, la vérité c’est que les réprimer nous rend plus fragile. Ça nous rend plus fragile parce que pendant qu’on les réprime, on n’est pas en train de les utiliser pour apprendre sur nous et pour grandir en tant qu’humain. Peux-tu imaginer si on utilisait chaque émotion négative vécue pour ce qu’elle est?  C’est-à-dire, un signal afin de nous amener à se questionner et à peut-être modifier ou revisiter certains éléments de notre quotidien, comment on avancerait et thriverait? Et puis, on le sait, la vie n’est pas toujours belle et positive. Alors, si on passe notre temps à fuir nos émotions négatives, comment est-ce qu’on va apprendre à faire face aux événements négatifs quand ils vont se présenter, ceux qu’on ne peut pas fuir?

Je te comprends de ne pas vouloir être stressée ou être triste ou avoir le cœur brisé, ce sont des expériences vraiment inconfortables et, souvent, quand on est dedans on a l’impression qu’elles ne vont jamais partir. Mais c’est faux : quand on les laisse nous toucher sans tenter de les bloquer, elles finissent par partir d’elles-mêmes après quelques minutes ou quelques heures. Elles ne sont jamais permanentes. Et si la prochaine fois tu essayais de les accueillir avec curiosité, en te demandant qu’est-ce qu’elles souhaitent te communiquer, ainsi qu’avec bienveillance, en te donnant la permission que ce soit ça ton expérience pour quelques heures, même si ce n’est pas idéal? 

J’adore cette phrase de la Dre Susan David : L’inconfort est le prix d’admission à une vie qui vaut la peine d’être vécue. Parce qu’il est rare qu’on puisse se couper de nos émotions négatives sans se couper aussi de nos expériences positives.

Vanessa

@humainavanttout