Bien-ÊtreSpiritualité

Ton premier pas envers plus d’auto-compassion

Par 16/09/2020octobre 17th, 2020No Comments

Photo : @pinterest

Aujourd’hui c’est le 16 septembre et, mine de rien, ça fait déjà 6 mois qu’une épidémie mondiale est venue chambouler nos vies. 

Pour plusieurs personnes la quasi-totalité des sphères de leur quotidien en ont été affectées, du personnel au professionnel, en passant par le relationnel. La plupart d’entre nous avons vécu de l’anxiété, de l’incertitude et des vagues de grandes émotions, parfois douloureuses. Nous avons tant bien que mal essayé de s’accrocher et de maintenir la tête hors de l’eau en attendant que la crise se termine. 

6 mois plus tard, il n’y a plus de point de presse quotidien, le nombre de nouveaux cas demeure stable, tous les commerces ont réouvert et la vie semble avoir repris son cours (avec quelques aménagements COVID-friendly). Pourtant, plusieurs personnes ne se sont pas encore remises sur pieds émotionnellement. Certains ne sentent pas qu’ils ont retrouvé leurs repères, se sentent encore un peu perdus, ont encore des vagues d’inquiétude ou de tristesse, vivent encore de l’incertitude ou de la solitude. Jusqu’ici ça va.

Le problème est que plusieurs d’entre nous se sentons coupables d’être encore désorientés suite à la pandémie et nous critiquons à cet effet, se disant qu’on devrait être de retour à notre bonne humeur et notre surperformance habituelle. Est-ce que ce discours te dit quelque chose? 

Qu’est-ce que l’auto-compassion?

Lorsqu’une amie s’ouvre à toi sur le fait qu’elle aimerait être meilleure dans A, mieux réussir dans B, être plus C, être moins D, ta réaction est-elle de lui dire qu’en effet, elle pouiche et qu’elle devrait se forcer à faire différemment, ou bien de la soutenir et de la rassurer sur le fait qu’il y a aussi plein de choses qu’elle fait/a de bien et qu’elle ne peut pas être parfaite en tout temps?

Et maintenant, quand c’est de toi dont il est question… As-tu tendance à te critiquer ou à te soutenir et te recevoir avec bienveillance, comme tu le ferais avec ton amie? 

C’est vrai que c’est souvent plus facile d’avoir de la compassion pour nos proches, parce qu’on les aime et qu’on est plus objectif dans notre perspective face à eux : on voit toutes leurs qualités et ce qu’ils font de bien et on les trouve bien merveilleux même quand ils sont imparfaits.

Avoir de la compassion envers nous-même – c’est-à-dire le fait d’être gentil et compatissant envers soi, même lorsqu’on se sent inadéquat, en échec ou en souffrance – semble plus compliqué. On a souvent des attentes bien plus hautes envers soi-même (merci à notre société de performance!) qu’envers les autres et quand on ne les atteint pas on a tendance à fortement se blâmer comme si l’imperfection était inacceptable. Comme si on avait presque constamment une petite voix qui nous dit qu’on devrait être meilleure dans A, mieux réussir B, être plus C, être moins D. Est-ce que ça te dit quelque chose ?

Les bénéfices de l’auto-compassion

Le problème avec le fait d’être critique envers soi-même, c’est que ça ne fonctionne pas. On a l’impression qu’être dure envers soi va nous permettre de nous dépasser, et ça peut être vrai à très court terme, mais la plupart du temps ça ne fait qu’empirer la situation, rajouter une couche à nos difficultés. 

Par exemple, si je me sens encore anxieuse en lien avec le COVID et que je me sens coupable de ne pas avoir recommencé toutes mes activités comme je sens que je le devrais, le fait de me culpabiliser et de me fâcher contre moi-même ne va qu’empirer mon état, parce qu’en plus d’être anxieuse, je vais aussi être en colère contre moi-même. À l’inverse, si j’accepte qu’en ce moment je suis encore anxieuse malgré mon souhait de ne pas l’être, et ce, sans me culpabiliser, sans me critiquer, je ne serai alors seulement anxieuse. Et la bonne nouvelle c’est que les émotions, ça passe! (Je t’en parle dans mon prochain article 😉 )

Tu viens de passer à travers une pandémie. Tu as dû t’ajuster à des changements de vie de façon rapide et brutale. Tu es humain et tu as le droit de le vivre comme tu le vis, de ne pas être à ton meilleur au travail, de ne pas avoir envie de recommencer les cours, de ne pas avoir repris ton yoga encore, ou d’avoir de la difficulté à te lever avant 10h. Peux-tu te donner un break?

Vanessa, doctorante en psychologie